Une fillette de moins de six ans est décédée lundi 19 octobre au soir à Casablanca, précipitée depuis le balcon d'un appartement au quatrième étage du quartier Hay Hassani, près de Casablanca Finance City. Le principal suspect n'est autre que son père, médecin anesthésiste-réanimateur au CHU Ibn Rochd, qui aurait regagné son lit après les faits.
L'affaire, qui sidère la métropole économique, trouve son origine dans un conflit de garde qui opposait le médecin à son ex-épouse, elle aussi praticienne, depuis leur séparation il y a environ un an et demi. Selon www.le360.ma, qui a reconstitué le fil de cette soirée tragique, le drame s'est produit à l'issue d'un droit de visite d'une journée par semaine accordé au père par décision de justice.
Un retard à l'origine de l'embrasement
Ce lundi-là, la fillette se trouvait chez son père. À l'heure de la restituer à sa mère, l'enfant n'était toujours pas rendue. Au téléphone, la mère a protesté. L'échange a dégénéré en affrontement verbal, les reproches ravivant des désaccords profondément installés depuis des mois.
Le père, submergé par la colère, aurait alors lancé à son ex-épouse une phrase glaçante, rapportée par le récit de la soirée : « Cette fille avec laquelle tu me rends malheureux, je vais t'en débarrasser. » La mère a raccroché sans prendre la menace au sérieux. Comment imaginer qu'un père passe à l'acte ?
Le drame et la sidération des secours
Quelques instants plus tard, un bruit sourd a déchiré le calme du quartier. Le petit corps heurte le sol au pied de l'immeuble résidentiel. Selon HIBAPRESS, qui évoque les premiers éléments disponibles, les soupçons portent sur un différend présumé entre le père et son ex-femme, en attendant les conclusions de l'enquête judiciaire ouverte par le parquet.
Les voisins, alertés par le bruit de la chute et les cris, ont immédiatement prévenu les services de sécurité du district de Hay Hassani, les autorités locales et la Protection civile. La mère, également avertie, a accouru sur les lieux. Elle a découvert sa fille inanimée, sans réaction, terrassée par de multiples fractures et de graves contusions.
Transportée en urgence à l'hôpital Al Hassani, la fillette n'a pas survécu. L'équipe médicale a tenté l'impossible, mais la chute du quatrième étage n'a laissé aucune chance à l'enfant.
Un suspect retrouvé endormi chez lui
Tandis que les secours se déployaient, les policiers ont encerclé l'appartement du suspect. Les appels répétés sont restés sans réponse. Le parquet, saisi, a ordonné de forcer l'entrée. À l'intérieur, les enquêteurs ont découvert une scène déroutante : le père dormait paisiblement dans sa chambre, comme si la soirée avait été parfaitement ordinaire.
Interpellé, le médecin est apparu hagard, le regard absent, à peine conscient. Son état laisse fortement supposer la prise de sédatifs ou d'antidépresseurs, qui auraient altéré son équilibre psychique et moteur. Face aux enquêteurs, lors de ses premières auditions, il s'est muré dans le silence, refusant toute explication sur les faits qui lui sont reprochés.
Un drame qui dépasse la simple affaire judiciaire
Ce drame met en lumière un phénomène qui préoccupe de plus en plus les observateurs de la société marocaine : l'instrumentalisation de l'enfant dans les conflits parentaux post-divorce. Afrik.com soulève ainsi la question du caractère prémédité ou non du traumatisme infligé à la mère.
Le site, citant le quotidien Assabah, rapporte un élément supplémentaire qui glace le sang : le père aurait filmé la scène avant d'envoyer la vidéo à son ex-épouse, accompagnée d'un message effroyable : « Tu veux ta fille ? Je te l'ai jetée. Prends-la. » En état de choc, la mère aurait abandonné son véhicule en pleine voie pour courir vers les lieux du drame.
Si ces éléments se confirmaient, l'affaire basculerait dans une tout autre dimension pénale : celle d'un crime prémédité, commis non seulement contre l'enfant, mais aussi contre sa mère, avec une volonté manifeste de lui infliger une souffrance psychologique extrême.
Les questions que tout le monde se pose
Que reproche-t-on au père de la fillette ?
Le médecin anesthésiste-réanimateur est soupçonné d'avoir précipité sa fille de moins de six ans depuis le balcon de son appartement au quatrième étage, à Hay Hassani, après une dispute téléphonique avec son ex-épouse au sujet de la restitution de l'enfant.
Quelles suites judiciaires sont attendues ?
Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet pour reconstituer le fil exact de la soirée. Le suspect, qui s'est tu lors de ses premières auditions, reste placé en garde à vue dans l'attente des conclusions de l'enquête.
Pourquoi cette affaire choque-t-elle autant au Maroc ?
Le profil du suspect, un médecin du CHU Ibn Rochd, son comportement après les faits, et la possibilité que le geste ait été prémédité et filmé, font de ce drame un cas exceptionnellement grave dans les annales judiciaires de Casablanca.
