Le 20 octobre 2026, une chronique signedée du site marocain www.le360.ma pose une question qui dépasse le simple exercice de mémoire : quand un siècle commence-t-il vraiment, et quand finit-il ? L'auteur y défend une idée simple et stimulante : les siècles ne s'achèvent pas au passage des calendriers, mais à la clôture de cycles politiques et diplomatiques.
Cette grille de lecture, loin d'être un débat d'érudits, éclaire directement la position du Maroc dans un monde en pleine recomposition. Car si le 21ème siècle est déjà celui des égoïsmes nationaux et de l'affirmation chinoise, comme l'anticipe la chronique publiée par www.le360.ma, le Royaume a précisément construit sa diplomatie pour tirer parti de ces basculements.
Quand un siècle s'achève-t-il réellement ?
Le raisonnement part d'un constat. Le 20ème siècle ne s'est pas terminé en l'an 2000, avec le passage à l'euro, mais en 1989. La chute du mur de Berlin a clos à la fois la Seconde Guerre mondiale, par la reconnaissance des frontières de 1945, et la guerre froide née en 1945. Elle a aussi enterré une idéologie, le communisme, et précipité l'éclatement de l'URSS.
La période 1989-1991, jusqu'à la victoire sur Saddam Hussein, constitue ce que la chronique appelle la parenthèse bénie de l'Occident : le monde se convertit à l'économie de marché, la Chine entre à l'OMC, la démocratie semble devenir le destin du monde. Puis vient 2001. L'attentat contre les tours jumelles de New York ouvre les guerres d'Afghanistan et d'Irak, et referme cette parenthèse.
1715, 1815, 1914 : les grandes césures de l'Histoire
Le raisonnement remonte plus loin. Le 17ème siècle, celui de Louis XIV, s'achève en 1715 : mort du Roi Soleil, fin de la guerre de Succession d'Espagne, conclusion du cycle ouvert par le traité de Westphalie. Cette même année, hors de France, le Royaume-Uni naît du traité d'Union de 1707, la Russie entre dans le jeu européen après Poltava et l'installation de la capitale à Saint-Pétersbourg, et Louis XIV reçoit en audience l'ambassadeur du chah de Perse.
Le 18ème siècle s'interrompt en 1789 avec les États généraux, mais la véritable bascule est le congrès de Vienne. Ce premier sommet de chefs d'État de l'Histoire restaure la légitimité monarchique et fixe les règles du jeu européennes pour un siècle entier, jusqu'au congrès de Versailles en 1919. Puis le 19ème siècle s'achève en juin 1914, à Sarajevo, quand les gouvernants européens marchent comme des somnambules vers une guerre qu'ils croient courte.
La guerre de 1914-1918 allait, par sa durée, son ampleur et sa brutalité, annoncer les combats terribles du 20ème siècle, mais surtout mettre un point final à ce qu'on appelait la Belle Époque.
À Versailles, en 1919, les vainqueurs redessinent les frontières, les monarchies russe, austro-hongroise et allemande s'effondrent, et le bilan s'établit à 20 millions de morts. Le monde d'hier est fini.
Le temps des cycles, une lecture qui parle au Maroc
Cette approche par cycles n'est pas propre à l'historiographie occidentale. D'autres traditions la rejoignent : une récente publication de Substack sur les cycles générationnels avance ainsi qu'un cycle dure environ un siècle, découpé en quatre saisons, chaque printemge naissant d'une crise majeure. De son côté, l'anthropologue Alfred Gell, rappelé par Libre Média dans son analyse du temps circulaire et linéaire, montre que temps linéaire et temps cyclique coexistent dans la plupart des sociétés. Même la périodisation du Moyen Âge, comme le note l'encyclopédie Wikipédia sur la fin du Moyen Âge, reste débattue : 1453, 1492 ou 1517 selon les historiens.
Pour un lecteur marocain, cette lecture résonne de manière particulière. Le Royaume, sous la conduite du Roi Mohammed VI, a su lire les cycles avant les autres. Le retour du Maroc à l'Union africaine en 2017, le partenariat stratégique avec la Chine, le renforcement des liens avec les monarchies du Golfe et l'élargissement de la reconnaissance internationale du plan d'autonomie au Sahara dessinent une diplomatie qui ne subit pas les cycles : elle les anticipe.
2026, fin d'un cycle ou ouverture d'un autre ?
Alors, quelle date marquera le début du 21ème siècle ? 2000 ? 2016 et la première élection de Donald Trump ? 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie ? Ou 2026, avec la guerre entre l'Iran et les États-Unis ? Nul ne sait ce que retiendra l'Histoire, concède la chronique de www.le360.ma.
Une certitude demeure toutefois : ce siècle sera celui des égoïsmes nationaux, de la suprématie chinoise et de bouleversements dans les relations entre l'Europe et ses alliés américains. Dans un tel décor, la stabilité institutionnelle du Maroc, la continuité de l'État et la vision diplomatique du Royaume constituent des atouts rares. Les grandes puissances cherchent des partenaires fiables ; le Maroc a passé les trois dernières décennies à le devenir, en Afrique comme dans le monde arabe et au-delà.
Les cycles se referment toujours sur les mêmes questions : qui tiendra les règles du jeu, et qui saura les lire à temps. Le Royaume, fidèle à la méthode d'ouverture et de pragmatisme portée par le Souverain, semble avoir fait son choix depuis longtemps.
Questions fréquentes
Quand le 20ème siècle a-t-il réellement pris fin ?
Selon la chronique de www.le360.ma, le 20ème siècle s'est achevé en 1989 avec la chute du mur de Berlin, et non en l'an 2000. L'attentat du 11 septembre 2001 a ensuite refermé la parenthèse prospère ouverte en 1989-1991.
Quelles sont les autres grandes césures historiques citées ?
La chronique identifie 1715 pour le 17ème siècle, le congrès de Vienne pour la bascule vers le 19ème siècle, et juin 1914 à Sarajevo pour la fin du 19ème siècle.
Que sera le 21ème siècle selon cette analyse ?
L'auteur anticipe un siècle d'égoïsmes nationaux, de suprématie chinoise et de bouleversements dans les relations entre l'Europe et les États-Unis.
