Législatives 2026 : le RNI dénonce les pratiques du PAM et acte la rupture
Le paysage politique marocain connaît un nouveau soubresaut à l'approche des élections législatives de 2026. Le Rassemblement national des indépendants (RNI) a officiellement acté son divorce avec le Parti authenticité et modernité (PAM) dans un communiqué publié ce mardi 25 août. Le bureau politique du parti de la Colombe y exprime ouvertement son exaspération face à des pratiques qu'il attribue à son partenaire de la majorité, dénonçant des tentatives de déstabilisation de ses rangs.
Des accusations de débauchage ciblé
Selon le communiqué du RNI, plusieurs de ses parlementaires, élus et responsables territoriaux auraient été la cible d'opérations de séduction et de pressions au cours des dernières semaines. Le parti estime que ces méthodes dépassent désormais les limites du jeu politique normal et soulèvent de sérieuses interrogations sur les pratiques employées pour approcher ses cadres.
Le RNI dénonce une contradiction flagrante entre les engagements affichés par les formations politiques en faveur de l'intégrité et du respect des règles de la compétition électorale, et les comportements observés sur le terrain. Cette contradiction, souligne le parti, s'est particulièrement manifestée dans ses relations avec le PAM.
Une liste de personnalités citées
Le communiqué cite nommément plusieurs personnalités que le PAM aurait décidé de présenter aux prochaines échéances, alors qu'elles avaient été annoncées comme candidates sous les couleurs du RNI ou qu'elles exercent encore des mandats électifs en son nom. Il s'agit notamment d'Abdelhay Hartoun, Mohamed El Joumani, Zineb Simou, Othmane Badel, Manal Badel, Bouchra El Ouardi, Abdelhafid El Mekouti et Abdelkader El Hadouri.
Pour le bureau politique du RNI, la multiplication des cas et la similitude des méthodes ne permettent plus de considérer ces situations comme des faits isolés. Le parti affirme que les tentatives d'approche ont même atteint un membre de son propre bureau politique, ce qui, à ses yeux, porte atteinte aux usages qui régissent les relations entre formations politiques ainsi qu'à l'autonomie de leurs structures et de leurs dirigeants.
Un différend qui dépasse le cadre des simples mouvements individuels
Le RNI estime que ce différend ne relève plus de simples changements d'étiquette politique à l'approche des élections, mais traduit une opposition directe sur les règles du jeu politique. Le parti dénonce une logique qui réduirait la compétition électorale à une course aux candidats, au détriment de la confrontation autour des programmes, des idées et des projets.
Le ton employé par le RNI marque une nette rupture avec l'esprit de coopération qui avait prévalu entre les deux formations au sein de la majorité. Le parti affirme désormais qu'il n'acceptera pas ces pratiques et ne les considérera pas comme une donnée normale de la compétition politique, tout en se réservant le droit de prendre les positions et d'engager les procédures qu'il jugera nécessaires pour protéger son organisation et ses militants.
Une volonté affichée de s'en tenir aux programmes
Dans le même temps, le RNI assure qu'il ne répondra pas à ces pratiques par les mêmes méthodes. Il dit vouloir aborder les prochaines échéances en s'appuyant sur son bilan, son programme, ses cadres et la force de son organisation, avec la confiance des électeurs comme principal soutien.
Un jeu de chaises musicales bien connu du paysage partisan marocain
Ces accusations appellent toutefois à être nuancées. Certains observateurs politiques les regardent avec réserve, le RNI n'étant pas lui-même étranger aux pratiques de transhumance politique qu'il dénonce aujourd'hui. Aziz Akhannouch, actuel chef du gouvernement et ancien secrétaire général du RNI, avait lui-même quitté le Mouvement populaire avant de rejoindre le parti de la Colombe et d'en prendre les rênes.
Au fond, le RNI ne fait aujourd'hui que goûter, à son tour, à une pratique dont il a lui-même bénéficié par le passé, dans un jeu de chaises musicales qui n'est pas nouveau dans le paysage partisan marocain. Cette séquence intervient dans un contexte où la scène politique nationale se prépare activement aux échéances électorales de 2026, avec des enjeux majeurs pour l'ensemble des formations politiques du Royaume.