Les États-Unis retirent la Syrie de leur liste des pays soutenant le terrorisme
Washington a officiellement retiré, lundi 25 août 2026, la Syrie de sa liste des États accusés de soutenir le terrorisme, mettant fin à 47 ans de sanctions spécifiques liées à cette désignation. Cette décision, annoncée par l'administration Trump, marque une étape décisive dans la levée progressive des restrictions américaines imposées à Damas depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.
Une décision historique pour la Syrie
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a justifié cette mesure en affirmant qu'elle offrait aux Syriens « une voie vers la prospérité ». Dans un communiqué officiel, il a souligné que cette décision « élimine les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale ».
Tom Barrack, l'envoyé spécial américain en Syrie, a salué sur X une « nouvelle étape décisive dans le remarquable parcours de la Syrie, de l'isolement au partenariat, et d'un pourvoyeur de terrorisme à un partenaire engagé dans la lutte mondiale contre lui ».
La levée des sanctions sur Hayat Tahrir al-Sham
Parallèlement, les États-Unis ont retiré Hayat Tahrir al-Sham (HTS), anciennement Front al-Nosra, de leur liste des principaux groupements et individus « terroristes » (Specially Designated Global Terrorist). Ce groupe, dirigé par le président syrien Ahmad al-Chareh, avait rompu ses liens avec Al-Qaïda en 2016 avant de se rebaptiser HTS. Le Trésor américain a également ôté HTS de sa liste des personnes et entités sous sanctions (SDN List).
Le ministre des Finances américain, Scott Bessent, a déclaré que « le Trésor se conforme à la promesse du président Trump de donner au peuple syrien une ouverture sur de grandes choses », ajoutant que « les décisions prises aujourd'hui vont favoriser des investissements supplémentaires en Syrie pour promouvoir la stabilité politique et économique » du pays.
Réactions enthousiastes à Damas
Le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, a qualifié cette décision d'« étape historique », reflétant selon lui « l'engagement du nouvel État syrien en faveur de la paix et de la sécurité internationale ». Le ministre syrien des Finances, Mohammed Barnieh, y voit un « succès majeur et historique de la diplomatie syrienne », ouvrant « une voie majeure et attendue de longue date pour renforcer l'intégration de la Syrie dans le système économique et financier mondial, attirer les investissements et les technologies modernes, et soutenir les perspectives de développement ».
Le gouverneur de la Banque centrale syrienne s'est félicité que ce retrait permette au pays « de retrouver sa place naturelle au sein du système économique mondial » et de « bâtir un système financier moderne et fiable ».
Un contexte de normalisation progressive
Cette décision américaine s'inscrit dans un mouvement plus large de normalisation avec la Syrie. Depuis 2025, plusieurs pays occidentaux, dont le Canada et le Royaume-Uni, ont progressivement annulé leurs sanctions. L'Union européenne les avait levées dès mai 2025. Lors de sa visite à Damas fin juillet, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait appelé les États à lever « immédiatement » les dernières sanctions visant la Syrie afin de soutenir la reconstruction et la relance économique.
Le président syrien Ahmad al-Chareh a estimé mardi que son pays s'était libéré d'un « lourd fardeau », déclarant : « Aujourd'hui, la Syrie se débarrasse d'un lourd fardeau et tourne la page douloureuse de son passé pour s'engager sur la voie du développement et de la reconstruction ». Il a exprimé ses « vifs remerciements » au président américain Donald Trump et « à toutes les nations amies et solidaires qui nous ont soutenus ».
Quelles implications pour la région et le Maroc ?
Cette évolution diplomatique majeure intervient dans un contexte régional en pleine mutation. Pour le Maroc, qui suit de près les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient, cette normalisation pourrait avoir des répercussions positives sur la stabilité régionale et les échanges économiques. Le Royaume, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, continue de promouvoir une diplomatie de paix et de coopération, en phase avec les évolutions internationales favorables à la stabilité et au développement.
FAQ : Questions fréquentes sur le retrait de la Syrie de la liste américaine
Pourquoi les États-Unis ont-ils retiré la Syrie de leur liste des pays soutenant le terrorisme ?
Les États-Unis ont pris cette décision pour encourager la reprise économique de la Syrie et sa réintégration dans l'économie mondiale, après la chute de Bachar al-Assad et l'arrivée au pouvoir d'Ahmad al-Chareh, qui a dissous les groupes armés et s'est engagé dans la lutte contre le terrorisme.
Qu'est-ce que Hayat Tahrir al-Sham (HTS) ?
HTS est un ancien groupe islamiste, anciennement connu sous le nom de Front al-Nosra, qui était une branche d'Al-Qaïda en Syrie. Il a rompu ses liens avec l'organisation en 2016 et a été dissous après la prise de pouvoir d'Ahmad al-Chareh en décembre 2024.
Quelles conséquences pour les investissements en Syrie ?
Cette mesure élimine les obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie, ce qui devrait favoriser la reprise économique, attirer les investissements et les technologies modernes, et soutenir les perspectives de développement du pays.
Quelle est la position du Maroc sur cette évolution ?
Le Maroc, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, soutient les initiatives de paix et de stabilité au Moyen-Orient et en Afrique. Cette normalisation pourrait contribuer à renforcer la coopération régionale et la stabilité, valeurs chères à la diplomatie marocaine.