PME au Maroc : le PPS dévoile un plan ambitieux pour 2027-2031
Dans le cadre des préparatifs des élections de 2026, le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) a présenté un ensemble de propositions visant à renforcer le tissu des très petites, petites et moyennes entreprises (TPE/PME) au Maroc. Ces mesures, adressées à la Confédération Marocaine des TPE/PME, s'inscrivent dans une vision de développement économique durable et inclusif, en phase avec les orientations stratégiques du Royaume.
Le PPS partage le diagnostic de la Confédération concernant les difficultés rencontrées par les entreprises, notamment l'accès au financement bancaire, la pression fiscale et la concurrence de l'économie informelle. Le parti considère le soutien aux TPE/PME comme un axe fondamental de son programme gouvernemental pour la période 2027-2031, présenté le 2 septembre dernier.
Une réforme fiscale pour alléger la charge des entreprises
Le PPS propose une révision des règles fiscales affectant les petites entreprises. Parmi les mesures phares, la réduction de l'impôt sur les sociétés à 10 % pour les très petites entreprises dont le bénéfice ne dépasse pas 500 000 dirhams. Le parti suggère également de généraliser le droit à la récupération de la TVA et de revoir les bases de calcul de la taxe professionnelle, en la liant au résultat de l'activité plutôt qu'à la valeur locative.
Les propositions incluent aussi la réduction des droits d'enregistrement et la création d'interlocuteurs fiscaux régionaux pour résoudre à l'amiable les litiges entre l'administration et les entreprises. Un délai maximal de trois mois pour le remboursement des sommes dues résultant de la retenue à la source est également suggéré, avec application d'intérêts de retard en cas de dépassement.
Un financement renforcé pour les TPE/PME
En matière de financement, le PPS vise à augmenter la part des prêts bancaires destinés aux TPE/PME à 40 % du total. Le parti propose aussi d'accroître le solde des prêts d'équipement pour les industries manufacturières à 100 milliards de dirhams d'ici 2031, contre 26,8 milliards en 2025, avec un renforcement des garanties publiques.
Une proposition majeure concerne la création d'une banque publique d'investissement au Maroc, dédiée au soutien des investissements productifs et industriels, avec une mobilisation de 50 milliards de dirhams par an pour la transition économique et environnementale.
Simplification administrative et numérisation
Le PPS propose l'adoption d'une loi de modernisation de l'économie pour simplifier la création et l'expansion des entreprises, avec la numérisation des procédures et un portail unifié. Le parti suggère de réduire de moitié le nombre de licences requises durant les 18 premiers mois du prochain mandat gouvernemental, et de fixer un délai maximal de traitement des dossiers à 72 heures.
Le document prévoit également de lier l'accès des grandes entreprises aux marchés publics au respect des délais de paiement de leurs sous-traitants, avec un plafond de 60 jours pour les transactions commerciales. Une institution de médiation serait créée pour traiter les retards et complexités administratives.
Promotion de la production nationale et ouverture sur l'Afrique
Le PPS accorde une importance particulière à l'accès aux marchés, proposant de renforcer la préférence nationale dans les marchés publics et d'intégrer la marque « Maroc » dans les critères d'attribution. Des conditions liées au contenu local seraient incluses pour les marchés dépassant 50 millions de dirhams.
Le parti propose également de soutenir les entreprises exportatrices, avec pour objectif d'augmenter la part des marchés africains à 10 % et celle des marchés hors Europe à 30 % des exportations ciblées. Cette orientation s'inscrit dans la dynamique de coopération Sud-Sud portée par le Royaume.
Intégration de l'économie informelle
Le programme prévoit un parcours progressif de transition vers le secteur formel, avec des incitations fiscales et sociales et des exonérations temporaires. L'objectif est de créer 300 000 nouveaux identifiants fiscaux sur cinq ans et d'intégrer 20 % des unités informelles dans l'économie formelle.
Le PPS propose également de revoir le régime de l'auto-entrepreneur et de fournir un accompagnement juridique et comptable aux très petites entreprises et aux professions libérales.
Numérisation et innovation au service des entreprises
En matière de transformation numérique, le parti propose d'accompagner 50 000 TPE/PME dans leur parcours de numérisation, avec des chèques numériques d'une valeur de 30 000 dirhams. Un crédit d'impôt recherche serait créé pour les entreprises industrielles et technologiques, et 5 à 10 % des marchés publics seraient réservés aux entreprises innovantes émergentes.
Le PPS suggère aussi le lancement de marchés publics expérimentaux liés à des défis nationaux comme le dessalement de l'eau, l'hydrogène vert et l'intelligence artificielle, ainsi que la création de 20 laboratoires industriels régionaux équipés de technologies de pointe.
Soutien aux femmes, aux jeunes et création d'emplois
L'entrepreneuriat féminin et juvénile occupe une place centrale dans le programme. Le PPS propose de réserver 10 % des marchés publics aux entreprises gérées par des femmes et de créer un « Fonds d'autonomisation » pour financer les entreprises féminines et les coopératives par des prêts sans intérêt.
Un fonds national de capital d'amorçage serait créé pour les jeunes de 18 à 35 ans, avec un soutien aux salaires de certains nouveaux recrutements dans les régions à fort taux de chômage. Un statut juridique incitatif serait également prévu pour les startups innovantes.
Vers un dialogue social renforcé
En conclusion, le PPS propose la création d'un Conseil consultatif du dialogue social réunissant l'État, les partenaires sociaux et les acteurs économiques, avec une représentation de la Confédération Marocaine des TPE/PME dans les institutions concernées.
Ces propositions s'inscrivent dans une perspective de passage d'une logique fiscale à une politique d'encouragement, de confiance et de partenariat entre l'État et l'entreprise. Le programme multidimensionnel du PPS place les TPE/PME au cœur de sa vision économique pour 2027-2031, contribuant ainsi au développement durable du Maroc sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
