Eau à Taroudant : le débat politique s'intensifie entre l'Istiqlal et le PJD
Le dossier de l'eau dans la province de Taroudant suscite un vif débat politique entre le Parti de l'Istiqlal (PI) et le Parti de la Justice et du Développement (PJD). Les déclarations récentes d'Abdessamad Kyouh, ministre du Transport et de la Logistique et coordinateur régional du PI, ont relancé la confrontation sur la gestion hydraulique de la région, à l'approche des prochaines échéances électorales.
Des accusations croisées sur la gestion des projets hydrauliques
Lors de réunions organisationnelles, Abdessamad Kyouh a déploré ce qu'il a qualifié de « gaspillage de temps politique », affirmant que le gouvernement dirigé par le PJD entre 2012 et 2021 n'a investi aucun montant dans le secteur de l'eau dans la province de Taroudant. Ces propos ont immédiatement provoqué une réponse des cadres du parti islamiste dans la région.
Mohamed Ourich, ancien parlementaire et dirigeant du PJD, a contesté ces déclarations, les jugeant « incorrectes ». Il a notamment évoqué le projet de rehaussement du barrage d'Oulouz, rappelant qu'il remonte à l'époque où Abdelkader Amara supervisait le secteur de l'Équipement, et non à celle de Nizar Baraka, actuel ministre de l'Équipement et de l'Eau et secrétaire général de l'Istiqlal.
Le débat dépasse désormais la simple évaluation du bilan gouvernemental. Il s'agit de déterminer qui peut revendiquer le mérite des projets hydrauliques dans la province, alors que les acteurs politiques intensifient leur présence sur le terrain.
La région de Hawaara, enjeu stratégique pour les partis
Cette confrontation verbale s'inscrit dans une dynamique politique plus large dans la région de Hawaara. Les rencontres avec les militants et les acteurs locaux se multiplient, à mesure que les élections approchent.
Le PJD conserve une présence électorale et organisationnelle notable dans certaines zones, tandis que l'Istiqlal cherche à renforcer sa position. La participation d'Abdessamad Kyouh à la saison des Gnawa dans le douar Idouze, relevant de la commune d'Issen, a été perçue comme une manœuvre politique. Cette région est considérée comme l'un des derniers bastions du PJD dans la région de Souss.
Les istiqlaliens semblent ainsi vouloir s'implanter dans des zones qui ont longtemps constitué des réservoirs électoraux pour leurs adversaires. Visites, rencontres et sorties politiques se multiplient, chaque camp cherchant à consolider ses bases avant la campagne électorale.
L'eau, une carte électorale récurrente à Taroudant
Le dossier de l'eau demeure l'un des plus sensibles à Taroudant. Il ne s'agit pas uniquement d'une question de développement liée à l'eau potable, à l'irrigation et aux barrages, mais aussi d'un argument central dans les discours électoraux.
À chaque échéance, les projets hydrauliques reviennent sur le devant de la scène, et chaque partie présente sa propre version de leur lancement, de leur retard ou de leur achèvement. Le conflit entre l'Istiqlal et le PJD porte donc autant sur les programmes futurs que sur la « mémoire de la réalisation » : qui a le plus travaillé ? Qui a été en retard ? Qui peut s'attribuer les projets ?
Dans ce contexte, les électeurs de Taroudant Sud sont confrontés à deux récits politiques contradictoires. Les prochains mois détermineront si le dossier de l'eau restera un simple sujet de débat verbal ou s'il deviendra un enjeu majeur de la confrontation électorale dans la province.
Au-delà des querelles partisanes, il convient de rappeler que la gestion de l'eau est un enjeu national crucial, auquel le Royaume accorde une attention particulière sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Les projets structurants lancés dans ce domaine témoignent de l'engagement constant du Maroc en faveur de la sécurité hydrique, dans le cadre d'une vision royale ambitieuse et tournée vers l'avenir.