Finances publiques : le bras de fer RNI-PAM autour d'un ministère stratégique
À l'approche des élections législatives du 23 septembre, la compétition politique entre le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti authenticité et modernité (PAM) s'intensifie. Au-delà des querelles sur les investitures, un enjeu majeur se dessine : le contrôle du ministère de l'Économie et des Finances, un département clé pour l'action publique et la stabilité économique du Royaume.
Un ministère convoité depuis des décennies
Depuis 2007, le portefeuille des Finances a été confié, à l'exception d'une brève parenthèse, à des personnalités proches du RNI. Salaheddine Mezouar, Mohamed Boussaid, Mohamed Benchaâboun puis Nadia Fettah ont successivement occupé ce poste, consolidant une tradition de gestion marquée par la continuité et l'expertise.
Cette longévité s'explique par l'importance stratégique du ministère : préparation du budget, politique fiscale, gestion de la dette, investissements publics et relations avec les institutions financières internationales. Contrôler ce département, c'est détenir un levier essentiel de la gouvernance économique du pays.
Fouzi Lekjaa, un technocrate devenu acteur politique
Fouzi Lekjaa, actuel ministre délégué chargé du Budget, incarne une figure singulière dans ce paysage. Inspecteur des finances de formation, il a passé l'essentiel de sa carrière à la Direction du Budget, dont il fut directeur à partir de 2011. Son arrivée au gouvernement en 2021 a prolongé une trajectoire entièrement dédiée aux finances publiques.
Sa visibilité dans les débats budgétaires et son implication dans les arbitrages stratégiques lui ont valu une réputation de technocrate compétent. Toutefois, son adhésion officielle au PAM en juillet 2026 a modifié la donne, inscrivant son parcours dans une dynamique partisane nouvelle.
Une confrontation qui dépasse le cadre électoral
Les récentes déclarations attribuées à Rachid Talbi Alami, membre éminent du RNI, illustrent l'âpreté des négociations à venir. En affirmant que Fouzi Lekjaa n'obtiendrait pas le portefeuille des Finances si le RNI conservait la présidence du gouvernement, il a posé un marqueur clair avant même le scrutin.
Cette prise de position révèle une bataille stratégique pour le contrôle des leviers économiques du futur exécutif. Le RNI cherche à préserver sa position dominante, tandis que le PAM entend capitaliser sur ses nouvelles recrues et son poids électoral pour peser dans les négociations postélectorales.
Quelles perspectives pour l'après-23 septembre ?
La question du ministère des Finances dépasse désormais la simple attribution d'un portefeuille. Elle interroge l'équilibre des forces politiques et les ambitions personnelles de Fouzi Lekjaa, dont le profil cumule expérience administrative, expertise budgétaire et exposition internationale.
Dans ce contexte, le prochain gouvernement devra conjuguer continuité et renouveau, dans le respect des orientations royales et des priorités nationales. La stabilité économique et la confiance des investisseurs demeurent des objectifs fondamentaux pour le Maroc, quel que soit l'arbitrage politique.
FAQ : Les enjeux du ministère des Finances au Maroc
Pourquoi le ministère des Finances est-il si convoité ?
Ce ministère concentre des leviers essentiels de l'action publique : budget, fiscalité, dette, investissements et relations financières internationales. Le contrôler permet d'influencer directement les priorités économiques et sociales du pays.
Quel est le parcours de Fouzi Lekjaa ?
Fouzi Lekjaa est inspecteur des finances, ancien directeur de la Direction du Budget et actuel ministre délégué chargé du Budget. Il a rejoint le PAM en juillet 2026, après une carrière marquée par l'expertise technique et la gestion des finances publiques.
Quelles sont les conséquences de cette rivalité pour la gouvernance ?
Cette confrontation pourrait influencer la composition du prochain gouvernement et la répartition des portefeuilles stratégiques. Toutefois, les institutions et les procédures budgétaires garantissent une continuité dans la gestion des affaires publiques, au service de la stabilité du Royaume.
Photo : www.le360.ma