Le chef de la MINURSO, le Russe Alexander Ivanko, s'est rendu à Rabat les 2 et 3 novembre pour organiser le retrait de la mission onusienne du Sahara, sans rencontrer le moindre représentant du Front Polisario. C'est avec le Maroc, qui administre le territoire et met à disposition ses installations depuis 1991, que l'ONU règle les questions pratiques du départ, selon une information confirmée par RFI.
Le symbole est fort. Le mouvement séparatiste, qui exigeait encore le 1er novembre le maintien de la mission « telle qu'elle a été créée en 1991 », n'a même pas été consulté sur son démantèlement. Cette séquence confirme une lecture géopolitique simple : dans le dossier du Sahara, les interlocuteurs valables sont les États, en l'occurrence le Royaume du Maroc et l'Algérie. Le Polisario n'apparaît plus que comme un porte-voix, rapporte www.le360.ma.
Un calendrier en deux étapes
Lundi 2 novembre, à Laâyoune, Alexander Ivanko, représentant spécial du Secrétaire général pour le Sahara occidental et chef de la MINURSO, a informé une partie du personnel des modalités du départ, selon Shango Media reprenant des informations de RFI. Le lendemain, il était à Rabat pour s'entretenir avec des responsables marocains, notamment du calendrier de retrait. Aucune rencontre avec le Polisario n'est prévue à l'ordre du jour.
Le chantier est considérable. Selon ONU Info, il s'agit de rapatrier environ 160 observateurs militaires et 180 civils, de fermer treize installations, de céder le matériel et de clore les contrats. Toutes ces opérations se déroulent sur un territoire administré par le Maroc : le quartier général de Laâyoune, prêté gratuitement par Rabat depuis 1991, ainsi que la majorité des sites logistiques. C'est donc logiquement avec le Royaume que se règlent les questions concrètes du retrait.
Un diplomate qui connaît parfaitement le dossier
Le choix d'Alexander Ivanko n'a rien d'une maladresse. Ce diplomate russe, passé par le journalisme et l'OSCE, dirige la MINURSO depuis 2021 après en avoir été le chef de cabinet pendant douze ans. Il sait qui administre le territoire, qui fournit les locaux, qui délivre les autorisations, et qui décide réellement dans les camps de Tindouf.
Il sait aussi que le Polisario, qui n'est pas un État, ne dispose d'aucune autonomie de décision. Ses positions sont arrêtées à Alger, qui l'héberge, le finance, l'arme et parle pour lui dans les enceintes internationales. Négocier avec ce mouvement reviendrait à traiter avec le porte-voix plutôt qu'avec celui qui tient le micro.
Moscou non plus ne parle qu'aux États
Cette lecture n'est pas propre au chef de la MINURSO. Elle est aussi celle de Moscou. Dans le commentaire publié le 1er novembre par le ministère russe des Affaires étrangères après son veto, la porte-parole Maria Zakharova évoque « les parties directement intéressées, dont le Maroc et l'Algérie » et assure que la Russie reste « en contact étroit » avec ses « partenaires algériens, marocains et autres ». Le Polisario n'y est pas nommé une seule fois.
Même la puissance qui a opposé son veto au profit des thèses algériennes ne compte donc pas le mouvement séparatiste parmi ses interlocuteurs. Alexander Ivanko agit certes en fonctionnaire de l'ONU, mais sa démarche rejoint celle de son pays d'origine : les vrais interlocuteurs sont les États. Le Maroc administre le territoire, l'Algérie dicte au Polisario la conduite à suivre.
La résolution 2797 avait déjà tracé la voie
La résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en octobre 2025, l'avait déjà écrit en invitant nommément l'Algérie à la table des négociations. Le départ de la MINURSO le confirme dans les faits. Trente-cinq ans après sa création, la mission quitte le Sahara en réglant ses comptes avec Rabat, sans même passer par Tindouf.
Pour le Royaume, cette séquence valide l'approche portée par le Roi Mohammed VI : la question du Sahara est un dossier d'État à État, dans lequel les provinces du Sud sont administrées par le Maroc en pleine souveraineté. Le plan d'autonomie sous souveraineté marocaine demeure, aux yeux de la communauté internationale, la seule base crédible d'un règlement politique.
Le Polisario a applaudi le veto russe, croyant sauver la mission. Il découvre aujourd'hui qu'on ne lui demande même pas son avis pour éteindre la lumière.
Questions fréquentes
Pourquoi Alexander Ivanko s'est-il rendu à Rabat et non à Tindouf ?
Le chef de la MINURSO négocie le retrait de la mission avec le Maroc, qui administre le territoire, héberge le quartier général de Laâyoune depuis 1991 et détient la plupart des sites logistiques de la mission.
Le Polisario a-t-il été consulté sur le départ de la MINURSO ?
Non. Selon RFI, Alexander Ivanko n'a rencontré aucun représentant du Front Polisario avant son déplacement à Rabat, et aucune telle rencontre n'est prévue.
Quelles sont les étapes du retrait de la MINURSO ?
ONU Info évoque le rapatriement d'environ 160 observateurs militaires et 180 civils, la fermeture de treize installations, la cession du matériel et la clôture des contrats.
