Le ministre de l'Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, a présenté mardi 3 novembre 2026 devant la commission des finances de la Chambre des représentants les dimensions économiques, fiscales et organisationnelles de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l'Espagne et le Portugal. Son exposé s'inscrit dans l'examen du projet de loi de finances 2027, qui comporte des dispositions exceptionnelles destinées à l'écosystème de la FIFA.
Le rendez-vous mondial dépasse largement le cadre sportif. Il s'agit, selon le ministre, d'un chantier national intégré, capable d'accélérer les grands projets d'infrastructures et de renforcer l'interconnexion entre les régions du Royaume, comme le rapporte www.le360.ma, citant le quotidien Al Akhbar.
Des exonérations fiscales temporaires et encadrées
Le volet le plus commenté de la séance concerne les avantages fiscaux et douaniers inscrits dans le projet de loi de finances 2027. Fouzi Lekjaa a défendu des exonérations temporaires, limitées dans le temps, au profit de la FIFA, de ses sociétés, des fédérations participantes, des fournisseurs de services et des parties contractantes.
Ces mesures portent sur l'impôt sur les sociétés, la contribution sociale de solidarité, la TVA, l'impôt sur le revenu dans des cas définis, ainsi que sur certains prélèvements à la source et les droits d'enregistrement. Le calendrier est précis: certaines dispositions entreront en vigueur au 1er janvier 2027, d'autres au 1er janvier 2029, et la plupart prendront fin entre fin 2031 et fin 2032.
Le ministre a également tenu à rassurer sur la soutenabilité financière du Royaume. Selon Finances News Hebdo, il a affirmé que les investissements dans les stades, les chemins de fer et les aéroports ne doivent pas être systématiquement assimilés à une hausse de la dette publique.
840 000 emplois et 26 millions de touristes à l'horizon 2030
Sur le plan macroéconomique, les projections présentées à la commission sont ambitieuses. Le ministre a évoqué une croissance cumulative de l'investissement global de 21,2 % entre 2023 et 2030, une augmentation du PIB de 13,2 % et la création de 840 000 emplois dans différents secteurs.
Le tourisme constitue l'un des principaux gisements de retombées. Le Maroc vise 26 millions de touristes à l'horizon 2030, plus de 156 milliards de dirhams de recettes touristiques et 158 000 emplois supplémentaires dans le secteur. Des chiffres détaillés également par H24info, qui relève que cette présentation s'inscrit dans la défense du PLF 2027 devant la commission des Finances et du Développement économique.
Sur le volet sportif, Le360 Sport rappelle que cette compétition, coorganisée avec l'Espagne et le Portugal, représente pour le Royaume une vitrine exceptionnelle de ses infrastructures et de son savoir-faire.
Un projet national soumis à la vigilance parlementaire
Les députés, toutes tendances confondues, ont salué la dimension stratégique du projet tout en formulant des exigences de gouvernance. Plusieurs interventions ont insisté sur la transparence des marchés publics, la concurrence, l'égalité des chances et l'activation de la préférence nationale, afin que les grandes entreprises comme les PME marocaines participent aux chantiers liés à l'événement.
Les parlementaires ont également appelé à l'établissement de rapports périodiques remis à la commission compétente, précisant l'avancée des travaux, le respect de la programmation temporelle et les engagements financiers et organisationnels.
D'autres intervenants ont plaidé pour une approche faisant de cette manifestation un chantier de développement national, garantissant que les différentes régions du Royaume bénéficient équitablement des retombées. L'occasion, selon eux, de renforcer l'image du Maroc sur la scène internationale et de faire connaître son identité, ses valeurs et ses spécificités culturelles et civilisationnelles.
Le pari d'un legs durable pour le Royaume
En réponse, Fouzi Lekjaa a rappelé que le pari marocain ne se limite pas à l'accueil de la compétition. Le Mondial 2030 doit être appréhendé comme une occasion d'accélérer le rythme de réalisation des grands projets structurants, de développer les infrastructures et de renforcer l'interconnexion entre les régions.
Cette lecture rejoint la vision portée par le roi Mohammed VI, qui fait des grands chantiers d'infrastructures un levier d'aménagement du territoire et d'intégration régionale. À l'image des stades et des équipements prévus, dont celui de Benslimane, dont le ministre a souligné l'utilité pour le Raja, le Wydad et la sélection nationale bien avant le rendez-vous mondial, selon Hespress.
La commission des finances poursuivra l'examen du projet de loi de finances 2027 dans les prochaines séances, avec le vote des dispositions fiscales liées au Mondial 2030.
Questions fréquentes
Quelles exonérations fiscales sont prévues pour le Mondial 2030 ?
Le projet de loi de finances 2027 prévoit des exonérations temporaires sur l'impôt sur les sociétés, la TVA, l'impôt sur le revenu dans des cas définis, certains prélèvements à la source et les droits d'enregistrement, au profit de l'écosystème de la FIFA et de ses affiliés, entre 2027 et 2032.
Combien d'emplois la Coupe du monde 2030 devrait-elle créer au Maroc ?
Selon les projections présentées par le ministre Fouzi Lekjaa, l'événement devrait générer 840 000 emplois dans différents secteurs, dont 158 000 emplois supplémentaires dans le tourisme.
Quelles retombées économiques sont attendues ?
Le gouvernement table sur une croissance cumulative de l'investissement de 21,2 % entre 2023 et 2030, une hausse du PIB de 13,2 %, 26 millions de touristes et plus de 156 milliards de dirhams de recettes touristiques à l'horizon 2030.
